Trajectoire

Des projets pour stimuler l'interdisciplinarité

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A la suite d'un appel d'offres, neuf projets interdisciplinaires ont été soumis à un jury de personnalités scientifiques externes. Cinq d'entre eux bénéficieront, dans un premier temps, de fonds d'amorçage. L'initiative InterD-MN fera aussi l'objet d'un financement participatif du grand public.

Renforcer les liens entre les différents départements, susciter des travaux associant plusieurs domaines : l'interdisciplinarité est une réalité bien ancrée à Mines Nantes. "Nous avons au sein de l'école un très large éventail de compétences, regroupées sur un site de taille restreinte. Mathématiques, physique, chimie, biologie, sciences humaines et sociales... se croisent et interagissent. C'est une vraie chance pour développer la recherche,” estime Eric Humler, chargé de mission à la direction de la recherche de l'école.

Aussi Mines Nantes a-t-elle décidé de stimuler les collaborations entre disciplines, en lançant en interne, à l'automne dernier, un appel à projets interdisciplinaires (InterD-MN). L'idée étant d'apporter un soutien financier aux plus intéressants de ces projets, afin de leur permettre de se lancer. "Il s'agissait d'un appel d'offres "blanc", précise Eric Humler. Nous n'avons pas demandé aux équipes de plancher sur un thème précis, mais de proposer des sujets sur lesquels elles avaient envie de travailler." Une approche assez inhabituelle, qui a pu surprendre certains... Un impératif : les projets devaient associer plusieurs départements de l'école ou de l'extérieur.

Au total, neuf projets sont remontés, très divers, tous intéressants, certains inattendus. "Ce sont des projets de très bonne qualité, parfois très ambitieux, observe Eric Humler. Ces projets ont été soumis à un jury composé de personnalités reconnues du monde scientifique, toutes extérieures à l'école : un membre de l'Académie des sciences, un professeur au Collège de France, le président du Muséum d'histoire naturelle, un ancien directeur de recherche au CNRS, le "patron" de l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS...

Ce jury a finalement retenu cinq projets. Trois d'entre eux recevront un premier financement d'environ 30.000 euros, sous forme de fonds d'amorçage sur un an. Deux autres recevront une subvention de 100.000 euros. Dans un second temps les porteurs de projets devront organiser un atelier pour dresser l'inventaire des forces de leur équipe et défendre leur projet pour obtenir des fonds pour une ou deux années supplémentaires, à hauteur d'environ 100.000 euros par an.

Autre originalité de l'opération : pour la seconde phase, les projets InterD-MN pourront faire l'objet d'un financement participatif en s’appuyant notamment sur le fonds de dotation Mines Nantes. Les partenaires publics et industriels de l'école (mission interdisciplinaire du CNRS, Région Pays de la Loire...) seront également sollicités.

 

Les cinq projets lauréats

Trois des projets présentés au jury d'experts de l'opération InterD-MN vont bénéficier d'un financement de l'ordre de 30.000 euros, en phase d'amorçage :

 

- PISE ou l'avenir de l'électricité nucléaire

Le "Programme Interdisciplinaire sur les Scénarios Electronucléaires" entend analyser les différentes pistes technologiques et économiques envisageables pour le cycle nucléaire. Il prévoit de prendre en compte les (nombreuses) incertitudes existant sur le sort relatif des différentes énergies en fonction de divers paramètres (ressources connues, progrès technologiques, facteurs géopolitiques...). PISE fera appel à des équipes de nombreuses disciplines (technologie nucléaire, systèmes de production, économie, sociologie...). Le projet est porté par le laboratoire SUBATECH, le département sciences sociales et de gestion de l'école et un laboratoire de l'Université du Wisconsin, aux Etats-Unis. Il bénéficie d'un premier financement de 30.000 euros.

Le pitch de présentation

 

- Licorne : comprendre la foudre

Le projet Licorne prévoit d'étudier les éclairs (phénomènes de foudre) entre les nuages et le sol ou entre deux nuages. Le projet vise notamment à identifier le déclencheur de ces phénomènes, et par exemple le rôle des rayons cosmiques. Il s'agit d'un sujet assez peu traité dans la littérature scientifique. La première phase du projet repose sur une étude des corrélations entre gerbes et éclairs. Licorme est présenté sous l'égide du laboratoire SUBATECH, en lien avec des chercheurs de plusieurs laboratoires de structures nationales. Dans un premier temps, il sera financé à hauteur de 27.500 euros.

Le pitch

 

- MISS (MIcro Structure Study) : le comportement des fluides dans des milieux poreux

Le projet MISS porte sur l'étude des micro-structures. Impliquées dans un grand nombre de processus naturels et industriels, celles-ci donnent lieu à des transferts de chaleur et/ou des échanges chimiques, et sont soumises à des mouvements de fluides complexes - le tout en fonction de nombreux paramètres (porosité, fissuration, viscosité des milieux...). L'étude fera appel à des méthodes performantes pour leur caractérisation et leur modélisation. La caractérisation des matériaux peut trouver d'importantes applications dans de nombreux domaines. Ce projet, porté par le département systèmes énergétiques et environnement et le laboratoire SUBATECH, bénéficie d'une dotation de 30.000 euros.

Le pitch

 

Deux autres projets reçoivent un soutien financier de 10.000 euros :

- Petroplast entend étudier les possibilités de recyclage et de valorisation des matières plastiques à la dérive dans les océans, afin d'en tirer des produits pétroliers. Un projet d'envergure majeure, mais qui doit encore s'ouvrir à d'autres disciplines. Pour l'heure, il associe le département systèmes énergétiques et environnement et l'équipe systèmes logistiques et de production de Mines Nantes.

Le pitch 

 

- MOTU pour "Morphogénèse des Territoires Uranifères". Ce projet vise notamment à modéliser la manière dont les habitants des territoires où l'uranium est présent à l'état naturel, organisent leur histoire par rapport à ces gisements, la gestion des haldes et déchets d'uranium, et les questions de protection pour l'avenir. Ce projet permettra de développer un modèle destiné à une meilleure compréhension de ces territoires. MOTU est le fruit d'une collaboration entre le laboratoire SUBATECH et le département des sciences sociales et de gestion de Mines Nantes.

Le pitch

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