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Insertion de ses docteurs : Mines Nantes se mobilise

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Pour préparer ses thésards à leur future carrière (notamment en entreprise), Mines Nantes a mis en place un dispositif complet d'accompagnement. Au programme, formations comportementales, découverte du monde professionnel et même coaching individualisé.

Elle est bien révolue, l'image du chercheur confiné dans son laboratoire et étranger aux changements du monde... C'est particulièrement vrai à l'école, où les thésards, à côté de leur travail en laboratoire, ont accès à une série d'activités d'ouverture et de formations, destinées notamment à les préparer à la vie professionnelle.

"Le doctorant n'est pas seulement sous contrat avec son laboratoire pendant trois ans. Durant toute cette période, il est aussi étudiant", souligne Sylvie Le Goff responsable de la "ligne de formation doctorale", qui regroupe l'ensemble de ces activités à l'école et qui est intégrée au cursus de la thèse. L'occasion pour lui de découvrir l'incubateur de l’école, de collaborer avec des ingénieurs, et de suivre des formations qui lui seront utiles pour sa carrière.

De façon générale, toutes les écoles doctorales de l'Hexagone ont une triple mission qui consiste à élargir la formation scientifique, à assurer une ouverture sur le monde du travail et à mesurer l'insertion professionnelle des jeunes chercheurs. Le tout représente, en principe, une centaine d'heures d'enseignements, sous des formes variées. Mais Mines Nantes, avec ses  trois écoles doctorales, va bien au-delà : au total, ce sont environ 150 heures de formation scientifique et professionnelle qui sont réalisées en moyenne par le doctorant dont une part significative à la carte, en fonction de son projet de carrière. Au programme, comment négocier un entretien avec son directeur de thèse ou s'adresser à une sommité scientifique, mais aussi comment conduire une réunion, éviter les conflits, piloter une équipe... Autant d'apports précieux pour la thèse, mais aussi pour la suite de la carrière. "Il s'agit en général de formations-actions, très axées sur le comportement, explique Sylvie Le Goff. Ces enseignements sont dispensés par des coaches ou des cadres d'entreprise." S'ajoute à cela un volet axé sur le fonctionnement de l'entreprise, son organisation, les effets de la stratégie dans un milieu concurrentiel et le mode projet... En prime, les thésards bénéficient aussi d'un coaching individuel et de groupe de pairs dans le but d’acquérir une réelle démarche de construction de leur projet professionnel en adéquation avec leurs motivations et les compétences acquises.

 

Des profils qui intéressent les entreprises

 

Ce dispositif d'accompagnement a bénéficié depuis 5 ans à plus du tiers des doctorants recrutés par l’école. Régulièrement, depuis 2012, un quart des docteurs est recruté par les entreprises avec quelques créations d’entreprises incubées. 18 mois après la sortie de la thèse, plus d’un tiers est embauché par des industriels. Le plus souvent, il s'agit de grands groupes comme EDF, SNCF, Veolia ou AREVA, qui apprécient ces profils et valorisent la thèse comme trois années d'expérience. Mais les PME s'y mettent aussi, à l'instar de Brangeon (gestion des déchets) ou Sigma (informatique), qui ont signé des conventions CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche). De leur côté, les futurs docteurs regardent aussi de plus en plus vers les entreprises. "Un tiers d'entre eux savent vraiment ce qu'ils ont envie de faire à l'issue de leur thèse - que ce soit une carrière académique, vers l'entreprise ou en post-doc, indique Sylvie Le Goff. Les autres n'ont pas d'idée précise et se disent ouverts aux différentes possibilités. Quel que soit le choix qu'ils effectueront, cet accompagnement peut accélérer leur carrière."

Dans le cadre de sa thèse, soutenue en 2013, Younes Matar a ainsi suivi le module baptisé "Défi doc" de préparation à l'insertion professionnelle. Bien lui en a pris : il a été recruté dans la foulée par HENGEL Industrie, une PME qui fabrique des équipements de conservation pour la boulangerie-pâtisserie et la restauration. "J'ai ainsi pu valoriser mon parcours d'ingénieur-docteur en le mettant au service de l'innovation industrielle", constate le jeune ingénieur-docteur.

"Les entreprises n'ont pas toujours conscience des compétences qu'ont acquises les jeunes chercheurs, regrette cependant Sylvie Le Goff. Nous devons mieux communiquer auprès d'elles sur les conditions dans lesquelles se déroule la thèse. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, le doctorant ne travaille pas tout seul : il apprend à communiquer, à vulgariser ses connaissances, à coopérer et même à tenir les délais. On y acquiert aussi une foule de connaissances et de bonnes pratiques sur les dépôts de brevets, la protection intellectuelle, la recherche de financements. Tout cela peut être très utile pour l'entreprise."  

Mines Nantes a organisé les Doctoriales Pays de la Loire en 2014, avec l'Université de Nantes, Centrale Nantes et ONIRIS. « Nous avons en particulier proposé aux 100 doctorants présents dans la région de relever le challenge 24h Innov’. Un jury composé d’entreprises locales comme AIRBUS, La Florentaise, Intuiti tactique digital, Sigma, Noroit,… a évalué les projets de création d’entreprises proposés. Les entreprises présentes ont été agréablement surprises par ce qu'ils étaient capables de produire par groupe de 10 doctorants multidisciplinaires. Jusqu’à présent, cet évènement a lieu tous les 2 ans dans la région. »

 

Mines Nantes : De plus en plus de doctorants

Le nombre de thésards progresse régulièrement, au rythme de 2 à 3 % par an. Ils sont aujourd'hui environ 125, qui se répartissent entre les 3 écoles doctorales : "sciences pour l'ingénieur" (SPIGA) "sciences et technologies de l'information et mathématiques" (STIM), et enfin "matières, molécules, matériaux" (3MPL).

 - Parmi eux, la moitié vient de l'étranger : on dénombre 29 nationalités dans les laboratoires de l'école. Les femmes représentent 26 % de l'effectif.

- Environ 9 à 10 % des thèses font l'objet d'une convention CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche en Entreprise), et 13 à 14 % sont effectuées en co-tutelle.

- Selon les années, entre 4 et 8 % des thésards sont des ingénieurs diplômés de l'école, et 10 à 20 % d'autres écoles d'ingénieurs.

- La durée de la thèse est, en moyenne, comprise entre 38 et 40 mois.

- 4 à 8 % des ingénieurs continuent pour faire une thèse.

Deux candidats au concours Ma thèse en 180’s

La finale nantaise du concours «Ma thèse en 180 secondes» créé en France à l’initiative de la Conférence des Présidents d’Université (CPU) et du CNRS, a réuni 12 doctorants parmi eux 2 doctorants Mines Nantes : Sylvain Lanneau (automatique-productique) et Ignacio Salas (informatique) ont relevé le défi de présenter leurs travaux de recherche en 3 minutes, en français et en termes simples.
 

Ma thèse en 180's

Sylvain LANNEAU - Voir la vidéo

Ignacio Antonio SALAS - voir la vidéo

 

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