A la loupe

L’air pur au moindre coût

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Les grains de charbons actifs sont une technique rustique et ancienne pour traiter les polluants de l’air. Mais sous forme de tissu, elle ouvre de nouveau horizons !

« Sur le plan technologique, on sait pratiquement tout faire ; la question est : à quel prix ? » La remarque d’Albert Subrenat, très pertinente en particulier dans son domaine de la dépollution, situe bien l’un des objectifs du chercheur. Car si son procédé de traitement des solvants a été primé, c’est qu’il permet aux installations traditionnelles de faire un bond de performance. La « matière première » reste la même : du charbon actif ; une technique ancienne et rustique pour capturer les composés organiques volatils, ces fameux COV que la loi interdit de rejeter dans l’atmosphère. Mais si les anciens procédés recourent au charbon en grains, coûteux à régénérer, lui a fait avec une forme textile de petits filtres en tissu, plus rapides à régénérer par chauffage électrique direct, et aussi efficaces que tout un silo de grains chauffé par un gaz chaud. D’où une économie d’espace, d’énergie et d’argent. « Une fois les aspects fondamentaux maitrisés, reste toute une série de problèmes à résoudre, poursuit notre enseignant chercheur à l’École des Mines de Nantes : la forme à donner au filtre -il est plissé-, optimiser sa géométrie pour éviter fuites, zones mortes ou passage préférentiel, enfin l’intégration à un système complet de traitement. »

AVEC AIR LIQUIDE

Résultat : sous une apparence simple, son système de deux cylindres qui alternativement capturent les solvants et se régénèrent (voir la vidéo) offre le meilleur ratio coût/rendement pour toutes sortes d’installations. Surtout pour des petits débits, mais aussi en « traitement de finition » dans de grosses installations. C’est pourquoi Air Liquide fait partie des industriels intéressés par un transfert. Qui d’autre ? « Les professionnels du traitement de l’air ambiant sont concernés au premier chef, assure Albert Subrenat, mais aussi les fabricants de gaz techniques, qui doivent livrer un produit très pur, ou encore les constructeurs automobiles. »

Les COV et leur traitement sur charbons actifs constituent depuis longtemps un domaine d’excellence de l’École, qui mobilise les compétences de plusieurs enseignants chercheurs et doctorants du Département Systèmes Énergétiques et Environnement (DSEE). Et ce n’est pas fini, car le procédé peut encore explorer bien des voies : chercher à s’étendre à d’autres composés, se miniaturiser ou au contraire se dimensionner à de gros débits. Les COV n’ont qu’à bien se tenir !

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