Au coeur de

Le nucléaire, c’est aussi la santé

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Grâce à son implication dans les recherches menées avec le cyclotron nantais Arronax, l’École des Mines de Nantes s’investit dans des technologies de pointe sur l’imagerie médicale et le traitement du cancer. Rencontre avec Bernd Grambow, directeur du département Subatech.

On connaît Arronax, le cyclotron inauguré en novembre 2008 à Saint-Herblain, que Talents des Mines a déjà évoqué. Mais qu’appelle-t-on Arronax Plus ?

 

Bernd Grambow.- Ce nom traduit un fait nouveau : en décembre 2011, Arronax a été retenu comme équipement d’excellence -on dit couramment « Équipex »- lors de la seconde vague de l’appel à projets dans le cadre du grand emprunt. Le dossier associait cinq partenaires académiques : le département Subatech de l’École des Mines de Nantes, le CRCNA, l’IRCNA, le Ceisam et le CRIP-Oniris. Ce succès est d’abord la reconnaissance des espoirs que la médecine place dans cet équipement puisqu’il figure sur une liste de 36 lauréats parmi 270 dossiers déposés. C’est ensuite l’assurance de pouvoir réaliser des investissements complémentaires à hauteur de 8 millions d’euros pour le développement d’une recherche pluridisciplinaire en médecine nucléaire et en radiolyse, et pour faire de Nantes, dans ces domaines, un pôle mondial de R&D et de valorisation. Cette décision va profiter au laboratoire d’excellence, ou « labex », IRON (Innovative Radiopharmaceuticals in Oncology and Neurology), un programme coordonné par l’Université de Nantes et le CHU avec pour partenaires, là encore, le GIP Arronax, Subatech et Oniris.

 

Quelle est la contribution de Subatech à cette recherche ?

 

B.G.- La partie clinique et les médicaments eux-mêmes restent naturellement du domaine du CHU. Pour sa part, Subatech exploite sa spécialité, les radioéléments. D’abord en travaillant sur ce que l’on appelle la vectorisation, c’est-à-dire la meilleure façon d’adapter les radioéléments à une molécule, et ceci à la fois pour l’imagerie et pour le traitement en radiothérapie interne. Il faut définir l’endroit précis du corps humain où réaliser l’irradiation pour détruire les cellules cancéreuses en évitant le plus possible de traverser les tissus sains. Cette recherche est donc également utile pour soigner les cancers très finement dispersés. Notre compétence s’étend aussi à la chimie, car pour fabriquer les radioéléments on utilise une cible métallique d’où il faut ensuite les extraire ; ceci nécessite l’application de strictes règles de radioprotection, que nous maîtrisons. Enfin, l’innovation s’étend, pour l’imagerie, à des caméras dites TEP -pour tomographie par émission de positons- de nouvelle génération, utilisant dix à vingt fois moins de radioactivité pour la même précision. Cette recherche est aussi financée à travers Arronax Plus avec le concours de la région Pays de la Loire.

 

Cet axe « Nucléaire et santé » est assez inattendu de la part de Subatech…

 

B.G.- Je ne dirais pas cela, car il y a longtemps déjà l’École des Mines de Nantes menait des recherches en alpha-immunothérapie. Au fil des ans, « Nucléaire et santé » est devenu l’un des grands axes de Subatech à côté de la physique de haute énergie -les recherches sur le big bang- et l’énergie nucléaire, y compris tout le volet déchets. Cet axe suit une très bonne évolution, avec une quinzaine de personnes, des thésards, des groupes disciplinaires et des projets transversaux réunissant plusieurs groupes.

 

Ce qui vous oblige à établir des liens internes et externes…

 

B.G.- C’est notre rôle. La région a mis 35 millions d’euros dans Arronax, un équipement très structurant pour la recherche nantaise et au-delà. Nous n’avons pas le droit de décevoir : la coopération doit fonctionner.

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