A la loupe

Un « simulateur» sur la gestion de la sûreté nucléaire

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Une expérience ludique s’est glissée dans l’enseignement de la sûreté à l’école des Mines de Nantes avec «Springfield», un logiciel de simulation de gestion de crise en centrale nucléaire. Entièrement conçu et réalisé par des étudiants de la junior entreprise de l’Ecole, MiND Services (www.mind-services.fr/‎), sous la houlette d’une enseignante en sociologie industrielle du département en Sciences Sociales et de Gestion (SSG), il permet d’appréhender plus efficacement les enjeux humains et organisationnels de la sûreté.

L’idée, importée de Suède par un étudiant de l’option Qualité et Sûreté de Fonctionnement (QSF), aurait pu tomber aux oubliettes, c’était sans compter sur l’enthousiasme qu’elle a très vite suscitée auprès d’une petite équipe de passionnés qui s’est constituée pour conduire le projet, avec l’aval de la direction des études en septembre 2012. « Mon cours était jusqu’alors principalement bâti sur l’analyse de cas (accidents industriels ou fonctionnement « normal » d’organisations à hauts risques) à partir de films ou documents pour susciter la discussion. L’idée de placer les étudiants en situation d’expérimenter m’a tout de suite séduite » explique Stéphanie Tillement, docteure en sociologie industrielle, maître-assistant au département en Sciences Sociales et de Gestion parce « qu’il n’y a rien de mieux sur le plan pédagogique.Quand on parle d’erreurs humaines, ce n’est pas lié à l’action d’un individu isolé mais à des conditions organisationnelles qui n’étaient pas réunies pour que tout se passe bien. Ce jeu va leur permette d’expérimenter cela. Il a nécessité un gros investissement mais va être intégré au cours et offrir plus d’interactivité»

 

Aux manettes d’une centrale… en crise !

 

« Springfield », c’est son nom : un clin d’œil à la centrale nucléaire où travaille un certain Homer Simpson dans la série éponyme… Il suffit d’un ordinateur pour « jouer » par groupe de quatre. Les règles lues, les rôles sont tirés au sort : un chef d’exploitation, un opérateur circuit primaire, un opérateur circuit secondaire et un ingénieur sûreté sans lien hiérarchique avec les précédents. « On s’est appliqué à coller au plus près l’organisation d’une salle de conduite de centrale nucléaire, tout en la simplifiant bien sûr ». Un 5ème personnage fictif, le technicien, interagit avec l’équipe par le biais de l’interface graphique.Chaque joueur dispose d’une fiche avec des indications partagées avec les autres membres du groupe mais aussi des informations propres à sa fonction. A lui maintenant de les exploiter… L’équipe est tout de suite plongée dans une situation de crise ! A charge pour elle de prendre collectivement des (bonnes) décisions au regard des informations (volontairement complexes, ambigües ou incomplètes) et sous contraintes de temps…

« Dans le domaine du nucléaire, il existe déjà des simulateurs très perfectionnés de conduite de centrales sur les aspects techniques mais on n’en trouve pas centré spécifiquement sur les aspects organisationnels, et ce n’est pas exploitable dans le cadre d’un cours ». Testé en « grandeur nature » fin mai 2013 le logiciel a su convaincre au sein de l’Ecole mais aussi d’EDF qui se lance dans la conception de son propre « serious game »…

Le logiciel de simulation de conduite d’une salle de commande d’une tranche nucléaire en situation dégradée et incertaine a été conçu et développé par MiND, la junior entreprise de l’Ecole avec le soutien du Centre d’Appui aux Pratiques d’Enseignement (CAPE) pour scénariser les séquences. Les premiers étudiants à se frotter à l’exercice seront les étudiants de 3ème année des options Qualité et Sûreté de Fonctionnement (QSF), Nucléaire : Technologie, Sûreté et Environnement (NTSE) et Systèmes et Technologies Associés aux Réacteurs nucléaires (STAR) en novembre prochain.  Les étudiants étrangers du master Sustainable Nuclear Energy – Applications and Management (SNEAM) pourront aussi en bénéficier puisque « Springfield » sera aussi proposé en version anglaise. Et un avenir se dessine déjà pour un « Springfield 2»  dans le cadre de la chaire RESOH (REcherche en Sûreté Organisation Hommes) qui veillera à lui apporter des améliorations pour un mode de jeu en  conduite plus apaisée…  

 

Légende photo : autour de Stéphanie Tillement, enseignant-chercheur au département en Sciences Sociales et de Gestion (SSG), Vincent Robin, chef de projet MiND Services, Cyprien Quilici, réalisateur MiND Services, Alexandra Oliveira, Jérémy Eydieux (doctorant SSG – chaire RESOH) et Céline Grousson, conseillère en pédagogie du Centre d’Appui aux Pratiques d’Enseignement (CAPE)

 

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